mardi 18 février 2014

La différence sexuelle (6)

Le repérage de la différence sexuelle est indispensable à l'existence des êtres humains, sinon nous deviendrions autre chose que des êtres humains. Indispensable à l'existence des autres animaux, la sexualité a la particularité chez l'être humain d'être à l'origine d'un choix d'existence.
L'être humain quoique contraint, est auteur de son choix. C'est probablement le seul animal confronté à cette situation. Du fait de leur système de communication, les autres animaux exécutent des rôles en fonction de leur instinct. Il sont des agents exécutants, qui servent au mieux de leurs possibilités, leur instinct de survie individuelle et d'espèce. Celui-ci est avant tout au service de la pérennité de l'espèce. Nous constatons le peu d'évolution dans leurs modes de vie, bien qu'ils puissent s'adapter à leur environnement. Nous constatons que leur adaptation est très inférieure à leurs possibilités. Il est étonnant d'ailleurs de constater combien on s'enthousiasme qu'un singe se serve d'une herbe pour attraper des termites et combien on s'étonne peu qu'il utilise si peu ses capacités réelles, telles que de nombreuses expériences ont pu nous les faire découvrir.

L'être humain s'ingénie à utiliser ses capacités à découvrir du nouveau, sans que se soit utile et parfois même de façon néfaste. Au contraire de l'animal volontiers conservateur, l'humain ne cesse de chercher, de remettre en cause, d'explorer dans une évolution, un changement, une nouveauté qui n'est pas une forcément une amélioration, sinon de façon secondaire et parfois fortuite.
L'être humain aime le nouveau. Pourtant le nouveau est une menace pour tous les animaux et généralement traité comme tel: réaction de fuite ou confrontation. Mais pour l'être humain le nouveau l'attire, même s'il peut aussi le craindre. Partagé entre sa crainte animale et la curiosité, le nouveau est une menace et une promesse.

Notre différence d'attitude vis à vis du nouveau vient de notre rapport à la jouissance: nous jouissons tous de la vie, certes, mais pas de la même façon. Les animaux ont une jouissance répétitive délimitée par leur instinct, ce qui fait que nous pouvons dire qu'ils jouissent bien, c'est à dire en référence au bien de l'espèce. Le sens de leur vie est de pérenniser l'espèce, pour le reste c'est le principe du plaisir qui les gouverne individuellement.
Pour l'être humain, le manque qu'il éprouve se situe initialement, comme pour les autres mammifères, sur ses besoins: besoins pour survivre en tant qu'individu, ce qui pour les autres animaux est indistinct de survivre en tant qu'espèce. Pour l'être humain, le manque individuel n'est pas aussi intimement lié à l'espèce.

Les humains n'ont pas d'instinct, c'est donc l'éducation et l'expérience qui vont introduire des limites. L'être humain de façon non exceptionnelle, peut jouir à l'encontre de son intérêt d'individu et même à l'encontre de l'intérêt de l'espèce.
Chez l'être humain le bien est une construction d'espèce référée à la société dont il fait partie. Ce Bien appris, n'est pas inscrit dans nos gènes et peut être contrarié; il n'est pas immuable et effet de la pression du groupe il peut être modifié. Le Bien évolue avec l'evolution de la société.
Mais le bien ne supplée pas complètement à l'instinct et ne peut gouverner les adultes, bien qu'il puisse suffire aux enfants.

"Admettre la différence des sexes c’est admettre la complémentarité des sexes, donc la domination patriarcale, donc l’oppression et l’aliénation de la femme » "
(Judith Butler philosophe féministe du genre expliquée par Elizabeth Montfort)
Voici un propos d'une stupidité navrante qui montre combien son auteur est incapable, dans son intolérance,  de comprendre que différence n'est pas forcément supériorité de l'un sur l'autre. La différence des sexe est un réel incontournable qu'il faut admette et comprendre et réinventer à chaque génération! La différence des sexes n'est pas une complémentarité spontanée qui irait de soi. Deux êtres différents ne sont pas forcément complémentaires, ils sont seulement différents.
Chez l'être humain, la complémentarité se fait dans la relation entre les parents par rapport à l'enfant dans l'aménagement de la relation, si possible dans l'intérêt de l'enfant avant tout.

Bien comprendre l'intérêt de l'enfant, c'est comprendre qu'il puisse exister dans deux relations différentes, respectueuse l'une de l'autre, accordées l'une à l'autre, non hiérarchisées. C'est essentiel pour permettre un droit à la différence, la possibilité dans une même famille d'être différent, avoir des goûts, des pensées et même des valeurs différents, pouvoir les exprimer en y mettant les formes nécessaires à la pérennité des relations, etc...
La tolérance rend nécessaire le repérage de différences dès le plus jeune âge. Le bébé distingue les visages très tôt, puis les fonctions relationnelles entre les autres et lui.

La question du choix est initialement celle du bon choix. Le meilleur est le mieux; c'est à dire les choix sont hiérarchiques, de l'ordre du plus ou moins bien.
 Mais il lui faudra découvrir qu'un choix peut exclure un autre choix et que n'est pas toujours possible d'avoir le four et le moulin! Et que parfois, il ne peut pas revenir sur son choix! Et que le mieux n'est pas toujours le seul critère du choix!..
La complexité du choix auquel il est confronté est le choix d'exclusion: le four ou le moulin. L'accès à ce choix passe par un premier repérage qui reste la référence, celle de l'identité sexuelle: garçon ou fille. Pour y avoir accès, il faut qu'il se sache garçon ou fille. Sinon il n'y a pas de choix réel, mais une hiérarchie des choix: il n'y a que l'un après l'autre, ou l'un mieux que l'autre, sans qu'advienne vraiment l'un ou l'autre. Nous constatons cette difficulté dans la frustration qui manifeste l'impossibilité à renoncer à.

De même qu'être un garçon ou être une fille est forcément différent à partir d'un réel biologique incontournable, être garçon ou être une fille ne se définit pas l'un par rapport à l'autre. Une constatation n'est pas une définition. Et la constatation d'une différence n'implique pas une complémentarité! Faute de définition externe et relatives, la définition est interne, donc particulière et non générale. Bien sûr il y a des références culturelles et comportementales que les féministes dénoncent. Leur outrance de dénonciation n'est pas sans fondement. Néanmoins ces différences qui ne devraient pas être des discriminations, sont utiles aux questionnement que doit affronter garçon et 
fille: "en quoi suis-je un garçon, en quoi suis-je une fille?" qu'il n'y a pas de réponse d'espèce suffisante, comme chez les autres mammifères, implique qu'il n'y a de réponse qu'en son nom propre! Nous sommes auteur de notre réponse, celle-ci s'effectuant par ce que chacun de nous fait en son nom propre; nous ne sommes plus dans le registre social du bien, mais nous
sommes dans le registre subjectif du vrai. Être un homme, être une femme rend nécessaire au delà du lien social, une réponse de créateur!

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