mercredi 12 février 2014

Lettre ouverte aux parents égares (4)

Différences entre garçon et fille

L'origine  de la différence ente les deux sexes est anatomique, mais ne s'arrête pas là.
Il y a toujours eu des mises en question de cet état de fait. Cette contestation se justifie parfois du statut particulièrement injuste d'un sexe dans une société donnée, parfois c'est l'insupportable  du rapport entre les deux sexes, parfois c'est le sentiment d'appartenance à un sexe autre que le sien...

La différence sexuelle à conduit des différenciations entre homme et femme qu'il faut accepter d'étudier autrement qu'en seuls termes de bénéfices sociaux. Que certains profitent, voir abusent, n'est pas pour étonner...Le fait qu'il y ait des abus, que ceux-ci doivent être corrigés ne doit pas éliminer qu'il puisse y avoir des avantages identitaires aux différences entre les sexes; mais en quoi, comment et pour qui?
Quant au sentiment d'appartenance parfois avec conviction, il mérite aussi d'être interrogé.

Si nous étudions un peu les différentes civilisations, nous constatons que l'organisation sociale est une construction  patriarcale. Cela nécessite évidement de ne pas réduire la paternité à une représentation (figurée par exemple par le patriarche),mais d'admettre que c'est un système qui suppléer à notre à défaut d'instinct. Cela ne permet pas d'affirmer qu'il ne puisse avoir d'autres systèmes, mais jusque là, il n'y en pas d'autres connus.

La différence sexuelle ne peut pas se réduire à un constat anatomique mais s'étaye de différentes formes, qu'elles soient culturelles, relationnelles, psychiques ou physiques. Si entre un homme blanc et un homme noire il n'y a qu'une couleur différente, ce ne peut être le cas entre un homme et une femme. La différence de la couleur de la peau ne suffit pas à établir une identité? Quoiqu'en pensent les racistes. Nous pourrions d'ailleurs le constater pour toutes les questions d'apparence.

Il n'y a pas de construction identitaire qui ne s'appuie pas sur les différences sexuelles: elles sont indispensables à notre identité. Nous sommes mâle ou femelle, soit homme, soit femme!
Toutes le reste ne sert qu'à étayer notre identité en souffrance de stabilité. Constater qu'on est un homme exclue qu'on soit une femme, mais ne définit rien. Ce constat radical et ouvre à des questions nombreuses, sans fournir de réponses.

S'il y a différence, il n'y a pas nécessairement hiérarchie, différence de valeur ou de droit, mais il y a des avantages et des inconvénients à repérer. Toute différence peut être utilisée de façon abusive: le fort par rapport au faible, le riche par rapport au pauvre, etc... Mais les différences font l'intérêt du monde, sa qualité et notre chance (en fonction de l'usage que nous en faisons).

Pour  l'enfant ces différences sont  essentielles. Elle va lui permettre de construire une identité sans avoir besoin d'un instinct qu'il n'a pas. L'instinct définit la fonction, dont découle le rôle et la place. L'instinct organise les relations des individus de façon à pérenniser l'espèce. Les individus sont des agents exécutant un programme de maintient de l'espèce; ils fonctionnent selon le principe du plaisir individuel,  sauf quant l'espèce est en jeu. C'est simple dans le principe, même si les relations sont complexes. La rigidité de l'instinct permettra plus au moins l'adaptation de l'espèce à son environnement évolutif.

Pour l'être humain, pas d'instinct mais un système relationnel instable qui doit organiser et gérer notre relation et dépendance aux autres. Ce système est construit progressivement doublement: d'abord dans notre relation à autrui, mais aussi dans notre relation à nous-même.

La relation avec les autres commence avec sa mère. Ce lien se fait par la projection que la mère fait sur l'enfant, de besoins de celui-ci. Projection qui, dans son élaboration et dans sa réalisation, passe par le langage. Le langage est ce qui lie et sépare et relie l'enfant et la mère. Le langage à plus un effet organisateur que séparateur.  Il impose l'interprétation, au delà du décryptage du signe. Les expressions de l'enfant sont signifiantes pour la mère qui par ses réponses, codifie ses réactions. Contrairement à une idée répandue, il n'y a pas d'instinct maternel; c'est ce qui fait le sublime de l'amour maternel, car il oblige à beaucoup d'abnégation.

Chez l'être humain, les enfants sont aimés de façons différentes, pas forcément de façons inégales ou injustes. D'autre part, élever un enfant oblige à s'adapter à chaque enfant, même si c'est l'enfant qui fait le plus gros travail d'adaptation. Il ne peut y avoir l'automatisme réactionnel qu'il y'a chez les autres mammifères qui entraine que les animaux non concordants sont éliminés.

Une mère attentive essaie de construire un dialogue imaginaire entre son enfant et elle, afin de répondre aux demandes supposées initialement, puis de plus en plus affirmées par l'enfant. Mais c'est la réponse maternelle qui induit, organisé et spécifié la question qui se met progressivement en place.
Nous constatons que le langage devient le lien obligatoire entre eux. Ce langage sert initialement à la mère à s'interroger sur ce qu'elle ressent, pense ou formule à propos de son enfant.
Le langage est donc un élément tiers dés l'origine dont nous pouvons nous demander s'il est adéquat et en quoi, à sa fonction.

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