dimanche 9 février 2014

Lettre ouverte aux parents égarés (2)

À la différence des autres mammifères, les femmes dans leur projet de procréation, ne se contentent pas que des services occasionnels d'un géniteur. Pourquoi?
Certains pensent que c'est par conditionnement social, d'autres ont d'autres croyances; mais avant de supputer  la cause examinons la réalisation.

Il n'y a pas de société sans père.
Les pères sont le plus souvent, à notre époque, les géniteurs apparents. Tout dépend de ce qu'on définit comme "père". Pour ma part je propose de définir le père comme étant une construction relationnelle qui supplée à la carence de l'instinct animal chez l'être humain. L'instinct est ce qui organise la relation de l'individu avec son espèce.
Le père a donc une fonction sociale et tout d'abord familiale. Il sert à l'enfant, autrement que la mère.

La  mère est indispensable à la survie du petit mammifère. On ne voit pas en quoi le géniteur serait nécessaire à sa survie. Sur la mère sont greffées ces mamelles des mammifères, indispensable à son existence extra utero. La mère s'occupe de son petit. Cela n'empêche pas parfois à l'autre parent d'être utile, mais la mère seule reste indispensable au départ dans la vie.

Et le père?
Pour les autres mammifères, je dirais que le père c'est l'instinct. Le mâle mammifère ne devient pas un père. À l'intérieur de l'espèce c'est la loi du plus fort. Et la Loi de la loi, c'est la préservation de l'espèce. Ainsi la loi du plus fort est au service de la pérennité de l'espèce, en sélectionnant les individus les plus à même de pouvoir s'adapter à l'environnement, y compris dans son évolution.
Il est évident que chez les humains cela ne fonctionne pas ainsi. Il n'y a pas de sélection de mâle reproducteur par une rivalité entre mâles fondée sur les capacités au service de l'espèce, bien que certains aient voulu à tout prix y voir des similitudes.
Le choix du géniteur chez l'être humain n'est pas un choix d'espèce mais le choix singulier d'une femme, parfois de sa famille ou d'une autorité sociale.
D'ailleurs autan nous pouvons expliquer ce choix chez les autres espèces, autant nous sommes incapables de l'expliquer chez nous autrement que de façon subjective et encore que partiellement.

Le père est un choix mystérieux effectué par une femme pour réaliser un enfant.
Quel est ce choix?
Ce choix, héritier de l'instinct qu'on n'a plus, est une valeur supérieure au plaisir ou à son propre intérêt immédiat. Le père c'est ce qui fait que ce désir, dans sa réalisation, est référé à un au delà de soi qui remplace la Loi animale de pérennité de l'espèce. Le père introduit un au-delà à la mère et même à l'enfant, donc il introduit un ordre entre la mère et l'enfant. C'est ce qui fait que l'enfant n'est pas que le bien de la mère, mais qu'elle accepte de le perdre en partie au profit d'un intérêt supérieur au sien propre, qu'elle se représentera comme étant l'intérêt supérieur de l'enfant.

Nous pourrions penser que cet intérêt supérieur pour elle, qu'est l'intérêt de l'enfant, pourrait trouver sa forme pleine et entière dans l'amour qu'elle lui porte. Et bien non, car cet amour fusionnel installerait une confusion et une dépendance dont l'enfant ne pourrait se dégager.
C'est parce que l'amour ne suffit pas que les mères ont inventé le père comme principe organisateur et donc séparateur entre la mère et l'enfant. En introduisant ce tiers elles font exister pour l'enfant un au-delà d'elle-même, nécessaire à l'introduction de l'enfant dans le monde des humains.
Le père est l'ouverture sociale, fondée par la mère qui introduit du manque dans sa relation à son enfant, le conduisant ainsi au delà d'elle-même; c'est l'obligation pour l'enfant d'être autre pour sa mère, de même qu'elle l'est aussi en partie pour lui. Cela entraînera par exemple que même si elle a lu de nombreux ouvrages qui expliquent comment il faut faire, le père restera la référence historique pour elle.

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