mardi 16 juin 2015

Le Genre...humain

Le féminisme
Le féminisme est un mouvement qui en Occident à été porteur de réflections et de modifications du statut social des femmes. Dès les Dames savantes, nous constatons qu'elles sont porteuses de culture comme objection à la force virile dominante des hommes; viendra ensuite les luttes pour les droits et la revendication d'égalité en droit avec les hommes. L'émancipation enfin est généralement acceptée, mais encore en cours de réalisation. La misogynie est souvent une injustice voire une horreur, la misogynie est toujours  une imbécilité !
L'émancipation est la revendication d'une stricte égalité de droit avec les hommes. Aujourd'hui plus personne ne conteste (officiellement) ce droit, même si dans les faits beaucoup reste à faire. Mais certain(e)s vont au delà et voudraient effacer toute différence en plus de toute différenciation.
La différence effacée, le droit s'appliquerait plus aisément, cela semble séduisant et pourtant...

Le genre
Malgré les tentatives de conceptualisation, les théoriciens du genre différencient peu sexe et genre. Pourtant la différence sexuelle homme/femme est du même ordre que celle des autres animaux mâle/femelle. C'est même une des rares différence naturelle chez les humains. Mais cette différence irréductible est de tout temps mal acceptée par nous, est toujours combattue malgré sont caractère essentiel à notre identité. Chez les autres mammifères nous rencontrons des hiérarchies apparentes, mais si nous y regardons attentivement, elles sont au service de la pérennité de l'espèce.

Les volontés égemoniques (races, religions, sociétés) ont toujours été fondées sur une volonté de réduire les différences, voire de les effacer, comme moyen de rester entre-soi, entre semblables. C'est constatable dans le monde animal; cette observation des autres espèces animales pourrait renforcer cette vision du monde: que chacun reste à sa place et tout irait mieux, rechercher la pureté,  ne pas mélanger les torchons et les serviettes !
Cette construction narcissique fondée sur l'apparence, l'image du semblable, néglige le fait que les êtres humains, quoique mammifère ne fonctionnent pas comme les autres animaux. J'entend Walt Disney protester, mais je persiste: les êtres humains sont foncièrement hétérogènes à eux-mêmes et ont besoin pour construire leur identité de différences repérées, acceptées et valorisées entre eux.

Ainsi les "fausses vérités" relatives aux sexes, dénoncées par les féministes sont des différences réelles, naturelles  et nous sont nécessaires. Certes les différences sociétales qui en découlent sont artificielles, modifiables, sous influences et évolutives en fonction des sociétés. N'en déplaise à certains, elles sont nécessaires bien que malheureusement trop souvent détournées à des fins de pouvoir. Il y a une nature sexuée qui n'est pas neutre. Le sexe n'est pas le genre, le sexe est réel, le genre est artificiel, interprété, construit. Le corps, l'image, les relations sont des constructions évolutives qui gardent des traces de leur origines sexuelles.

L'inceste
Le tabou de l'inceste est universelle ou plus modestement une constante du monde animal et donc humain. On peut y voir une sauvegarde génétique, mais surtout le tabou de l'inceste est pour les humains le principal organisateur de notre relation au monde.
Freud n'a pas inventer l'interdit de l'inceste, il l'a découvert et théorisé. Beaucoup d'interprétations en ont découlée. Il en résulte l'hétérosexualité dans le monde animal; même si celui-ci n'est pas exclusif, il est nécessaire à la perinité du monde animal et cette pérennité de l'espèce est le sens fondamental de la vie animal.

Chez les autres mammifères sexe et genre sont identiques, déterminés par la génétique; chez l'homme le sexe est aussi déterminé par la génétique, mais le genre est construit par les relations familiales et sociales sous l'influence des événements et des interprétations.
L'origine de la différenciation des genres est donc bien réelle même si les résultantes sont artificielles; c'est pour cela qu'il n'y a que 2 genres, les enfants étant considérés le plus souvent comme
indéterminés ou en devenir.
Dire que le "processus d'hétérosexualisation des corps" est intellectuelle est une aberration puisque son origine est génétiquement prouvé (chromosomes X et Y). Il en resulte une exclusion : je sais que
je ne suis pas de l'autre sexe, ce qui ne définit pas pour autant  cet autre sexe pas plus qu'il ne définit le mien! Ce rapport d'exclusion est articulé a l'interdit de l'inceste qui y ajoute secondairement l'interdit du parent du sexe opposé. Le "rapport sexuel" est un rapport d'exclusion ! S'ensuivent les interprétations et les déplacements qui aboutiront au choix amoureux...

Ce qui serait révolutionnaire dans l'histoire humaine serait l'apparition de 3ème ou énième genre; ce ne serait pas une variation ni encore moins une libération, ce serait pour la première fois dans le monde animal la construction d'une identité hors du réel du sexuel puisqu'il s'appuierait sur un autre réel que la différence sexuelle
Les douces rêveries des théoriciens du genre cachent l'acharnement fort ancien à vouloir se débarrasser de l'irréductible différence sexuelle, roc incontournable sur lequel s'appuie toute identité animale et jusqu'à présent humaine.
Par ailleurs que soient critiqués les usages à des fins de pouvoir est tout à fait recevable parceque exacte et injustifiable. La critique est source de progrès dans la mesure où y est traqué tout abus de pouvoir. Mais les différences de genre sont des moyens d'étayer son identité, en particulier pendant l'enfance et la construction de l'identité.

La différence sexuelle fondée sur l'exclusion de l'autre sexe, conduit habituellement à situer du côté de cet autre sexe ce que vous n'avez pas; l'intérêt qui en resulte est à des fins imaginaires de récupération. Nous avons du mal à accepter la "castration" et tentons de récupérer à travers l'autre

ce qui est irrémédiablement perdu structurellement d'origine. L'hétérosexualité majoritairement résulte de cela, ce qui place l'homosexualité comme alternative relationnelle aussi valable ou aussi peu valable à vouloir tenter l'impossible. L'homosexualité est une variante, comme l'hétérosexualité du traitement relationnel et voué à l'échec de la sexualité comme complétude.

Lacan a proposer une dualité fondée sur l'inclusion (les hommes sont des hommes) et l'exclusion (les
femmes ne sont pas des hommes). Différences d'abord de la relation à l'autre sexe qui peut recouvrir un fonctionnement social, mais qui n'a aucune raison d'être stable ni immuable, car c'est une construction de genre et non un réel du sexuel. La castration est universel et les hommes y sont soumis autant que les femmes. L'interdit de l'inceste n'est que la mise en forme humaine d'un impossible à être des deux sexes. L'interdit de l'inceste maintient l'imaginaire d'une récupération grâce à l'autre d'une perte irréductible.

Et le Yin et le Yang? Y at'il du féminin chez l'homme et du masculin chez la femme? Beaucoup le pensent et pas sans raisons puisque bien que ces différences soient réelles, ce que nous en faisons est artificiel. Les mignons d'Henri III quoiqu'efféminés n'en étaient pas moins des hommes... Et les transsexuels ?...
Quelque soit la réponse que nous apportons à l'énigme de la sexualité, celle-ci reste une réponse subjective ayant forme de certitude, de conviction, de croyance, de foi. Quelque soit notre construction elle n'épuise pas la question, ce qui fait que les réponses collectives ne sont que partielles. Étant donné qu'aucune réponse ne peut s'établir sur une preuve irréfutable, nous en sommes réduits à répondre en acte, puisque nous ne pouvons nous contenter de ce que nous avons ou pas. "fait-le si t'es un homme!" devient "dit-moi ce que tu fais et je te dirais qui tu es!

Réponses individuelles 
Dans certaines sociétés contraignantes les actes sont codifiés de façon limitée; mais dans notre société moins contraignante sur l'identité sexuelle, la réponse s'étaye plus sur l'intime et le 
singulier. Le singulier n'est pas l'originalité: il ne s'agit pas d'ériger sa petite différence.
 Il nous faut de plus en plus inventer des réponses, être auteur et répondre à des exigences internes. Nous pouvons de moins en moins avoir des réponses societales validées par d'autres.

Le troisième sexe 

Non la véritable question serait: peut-il y avoir un 3ème sexe?

Certains pays pour des raisons démagogiques ont institué un 3ème sexe, comme si c'était à chacun de choisir son sexe. A quant le choix de son père et de sa mère? A quant la possibilité de changer de sexe et de parents ?
Cette mascarade participe à l'illusion que tout reste possible et que nous pouvons éviter la perte de ce que nous ne sommes pas. Nous choisirions ce que nous sommes à notre convenance en nous fondant sur la représentation provisoire de ce que nous souhaitons ou croyons... Notre mégalomanie n'a pas de limites.
Ces élucubrations qui ont conduit certains pays à proser sur son passeport d'y figurer en tant qu'homme, femme ou "neutre" est grotesque. C'est tout simplement du à ce que ça n'a une importance que secondaire par rapport à l'empreinte digitale ou les traces génétiques pour identifier quelqu'un !

Le troisième sexe reste une fiction. Mais d'y croire peut mener loin...