Lorsque l'enfant paraît, il a une longue histoire derrière lui. En effet, quoiqu'il soit héritier des gènes de ses parents, il l'est aussi, éventuellement des biens, mais surtout d'une histoire qui commence avant lui. Que d'attentes, d'espoirs, de demandes, de malentendus... Le voilà chargé, contraint de répondre présent à des contradictions: valoriser ses parents, les rassurer, accepter leurs valeurs, réaliser leurs ambitions, s'épanouir, être heureux, rendre heureux, entreprendre voire inventer, être exceptionnel! Mais il ne doit pas (trop) déranger, ne pas (trop) coûter, ne pas contrarier, ne pas s'affirmer et surtout ne pas s'opposer.
Il faut qu'il comprenne avant de réaliser, qu'il assimile avant d'entreprendre, qu'il soit meilleur que les autres, si possible le meilleur. De plus en plus, les parents espèrent qu'il réussisse sa vie et la leur...comme ils le souhaiteraient!
J'exagère? Interrogez-vous! Si vous voulez comprendre, il faut commencer par admettre. Le trait vous paraît forcé? Bien sûr tout cela n'est pas conscient, réfléchi, mais cela reste tout de même confusément présent. Que d'espoirs exprimés ou tus, connu ou ignorés, mais actifs.
Un problème spécifique de notre époque est la modification de l'organisation sociale de la famille: sa composition, sa construction, sa place dans la société, sa flexibilité, son adaptabilité interne et externe, etc...
D'autre part, les parents savent de moins en moins élever leurs enfants. Ils n'ont plus d'expériences de vie avec des tout-petits, ont une approche intellectuelle de l'élevage, situent l'éducation à effectuer comme devant être différente de celle qu'ils ont reçue (et qu'ils croient avoir subie). Ces parents sont désemparés par cette situation radicalement nouvelle, pour laquelle ils sont beaucoup moins préparés que de part le passé. Ils ont plus appris dans une société plus respectueuse de l'enfant, mais ont moins d'expériences concrètes, moins de situations vécues et moins de savoir-faire (valable ou non).
Il est essentiel de comprendre que la première mission de tout parent est de favoriser l'accès progressif à l'autonomie de l'enfant!
Il ne s'agit pas d'indépendance: celle-ci est par rapport aux autres, mais nous sommes des animaux sociaux, dépendants les uns des autres, aussi bien au niveau individuel que collectif. L'indépendance est relative et souvent illusoire... L'autonomie se construit par la mise en place de repères qui ne sont pas forcément généraux, ni même partagés et qui peuvent donc être singuliers, propre à quelqu'un. L'autonomie posera la question de l'authenticité. Elle se construit en soi, dans la relation à soi-même, tandis que l'indépendance se construit dans la relation au autres.
L'enfant construit son psychisme en relation avec autrui, en particulier les personnes proches. Nous connaissons depuis longtemps l'importance de la relation avec les parents. L'enfant s'organise dans la relation en évaluant sa place dans la relation. Une "bonne" place lui offrira un sentiment de sécurité. Ce sentiment est indispensable pour tout enfant ; il se donne beaucoup de mal pour cela, mais pas toujours repérable par l'entourage. Parfois son comportement est paradoxal et semble aller à son encontre. Il faut savoir, en tant que parent ou en tant qu'adulte responsable, que quelque soit le comportement d'un enfant c'est un élément sine quae non d'un développement harmonieux.
La sécurité étant assurée par la relation avec les adultes proches, il est évident qu'il vaut beaucoup mieux que ces proches se sentent eux-même en sécurité! Tout d'abord, la jeune maman vulnérable dans sa nouvelle situation et vulnérable au travers de son enfant, doit être protégée. Elle sera particulièrement sensible à la relation avec son conjoint. La présence et l'attitude de celui-ci sont très importantes lors de la grossesse et du post partum. C'est une période où s'inscrit dans la relation entre elle et son enfant des éléments, plus ou moins inconscients, qui seront déterminants.
Les relations avec sa famille d'origine vont être modifiées: elle change de statut, le passé surgit avec une lecture nouvelle, le vécu est revisité, de nouvelles attentes surgissent. La grossesse indique une sexualité active, visible, affirmée. La naissance de l'enfant indique une prise de position relationnelle. Acte double qui contraint à une réorganisation importante. D'ailleurs ce qui définit une famille n'est pas l'alliance du couple, mais l'existence d'enfant(s).
Sommaire: I. C'est difficile
Précédent: II. La grossesse
Suivant: IV. La mère
Les relations avec sa famille d'origine vont être modifiées: elle change de statut, le passé surgit avec une lecture nouvelle, le vécu est revisité, de nouvelles attentes surgissent. La grossesse indique une sexualité active, visible, affirmée. La naissance de l'enfant indique une prise de position relationnelle. Acte double qui contraint à une réorganisation importante. D'ailleurs ce qui définit une famille n'est pas l'alliance du couple, mais l'existence d'enfant(s).
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